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Existe-t-il un outil
magique de la motivation ?
J'suis pas motivé, je fais pas
exprès ! - éd. Albin Michel
2003 - p.72-73
Brigitte Prot
Enseignante et formatrice à l'Institut
supérieur de pédagogie de Paris,
Brigitte Prot développe, dans le cadre
de l'association ACMEE la méthode du bilan
et de la motivation.
[...] J'insiste sur les limites et le
danger de certains outils lorsqu'ils sont
utilisés non pas pour promouvoir l'autonomie
de la personne, mais pour en rendre celle-ci
dépendante. De façon
générale, lorsqu'un outil est
présenté comme la panacée pour
faire face à toute situation et
résoudre tout problème, la
dérive sectaire est proche.
Dommage : maints outils, en soi, peuvent
apporter beaucoup si la personne en a une approche
"libérée".
Par exemple, parmi ceux reconnus
professionnellement aujourd'hui, la gestion
mentale, le PEI (programme d'enrichissement
instrumental) et l'API (actualisation du potentiel
intellectuel) dans le domaine cognitif, la PNL
(programmation neurolinguistique) et la
méthode Gordon dans celui de la
communication constituent autant d'outils qui
permettent à beaucoup d'enseignants, de
parents et d'élèves de
répondre à leurs besoins de
motivation et leur ouvrent des perspectives
intéressantes.
En faire un usage "adulte" suppose une
définition préalable des
besoins et la recherche de la
réponse la mieux
adaptée.(cela
suppose que l'adulte est capable de
réellement entendre la
difficulté de motivation de l'enfant et de
créer avec lui plusieurs chemins)
Cela signifie laisser en permanence ouvert
le champ des possibles, afin, si nécessaire,
d'articuler plusieurs outils pour une
réponse enrichie (cela
suppose que l'adulte s'implique personnellement
dans la recherche d'outils variés existants
et à inventer).
Mais restons vigilants : investir un outil d'un
pouvoir quasiment magique, l'incarner vers une
"gourouisation", repésentée ou non
par une personnalité emblématique,
proposer des recettes, des réponses
plaquées, des outils "qui marchent à
tous les coups" relève de l'imposture.
Je préfère la posture de chacun
d'entre nous, parents, professionnels et
élèves, qui affirmons notre
engagement à agir là où
nous sommes. Et à reconnaître, en
coresponsabilité, le champ d'action dont
nous disposons, toujours plus large et plus ouvert
que nous l'imaginions !
L'essentiel est de définir notre
rôle pour prendre notre place dans la
résolution des questions de motivation. Et
de "vouloir" apporter effectivement notre pierre
à l'édifice, persuadés que
nous ne pouvons pas agir seuls et que, par
ailleurs, si un élève est
engagé dans un travail de
remédiation, sans bénéficier,
parallèlement, d'un changement d'attitude et
de regard de la part des adultes proches,
l'entreprise de remotivationest fragile !
Restons résolument affranchis d'une
conception consumériste de l'apprentissage.
C'est-à-dire respectueux de tout parcours
scolaire, dans sa singularité.
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